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Marie-Hélène Aubert a proposé à la commission pêche du PE d'écrire un rapport d'initiative sur la Pêche Illicite, Non répertoriée, et Non règlementée (dite pêche IUU) afin de remettre cette question de plus en plus cruciale sur le devant de la scène.
Une forme de piraterie moderne
Depuis de nombreuses années, la communauté internationale tente de limiter l'impact de la pêche illégale, non déclarée et non règlementée. Tant que le poisson abondait, peu de gouvernements se souciaient de remédier au problème.
Mais sur les 10 à 15 dernières années, la situation a dramatiquement changé. La flotte de pêche internationale est devenue trop importante comparée aux populations de poissons pouvant être pêchés de manière durable. La réponse généralement trouvée fut une limitation par quotas des quantités pêchées pour permettre aux "stocks" de se renouveler.
Mais la conséquence de ces nouvelles règles est une augmentation dramatique des navires pratiquant la pêche illégale ou non reglementée. Les 2 cas de figure les plus fréquents sont :
- Les navires opérant sans licence dans les eaux côtières d'un Etat (illégal).
- Les navires arborant le pavillon d'un Etat qui ne reconnait pas les règles adoptées pour une zone de pêche particulière (haute mer). Puisque qu'un pays n'appartenant pas à une organisation internationale n'a pas a se tenir à ses règles, ce n'est pas illégal, mais de récents accords internationaux rendent ce système de moins en moins légitime.
Une perte estimée à 2,4 Milliards d'Euros et des conséquences à tous les niveaux.
Vol de ressources alimentaires et économiques
La plupart des poissons pêchés illégalement vient des eaux de pays en voie de développement trop pauvres pour disposer de moyens de contrôle efficaces de leurs zones et de leurs navires, ce qui impacte énormément l'économie et l'accès à la nourriture des populations cotières.
Manque à gagner pour les pêcheurs européens réguliers.
En plus du manque de poisson, le fait que les navires illégaux ne respectent pas les restrictions appliquées à la taille des mailles des filets ou aux zones de pêche leur confère un avantage concurrentiel qui lèse les pêcheurs réguliers.
Poisson ou cocaïne: mêmes routes, même combat !
Identifier les routes d'entrée dans l'Union Européenne, les ports, les navires de transbordement pour le poisson "IUU" revêt une importance particulière : ce sont les mêmes routes que pour le trafic de stupéfiants, l'immigration clandestine, la prostitution... Certains points d'entrée, sont connus et devraient faire l'objet de plus de contrôle. Las Palmas est le plus connu en Europe, voir notre article sur la visite du port.

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Inspection d'un bateau de pêche
Surexploitation de stocks menacés d'extinction à très court terme
Les vaisseaux qui pratiquent la pêche IUU ne se conforment pas aux quotas de pêches prévus pour les différentes espèces qui vivent dans leurs zones de pêche. Il y a donc risque important de surpêche, en particulier sur les juvéniles (tailles des prises non respectées), et donc d'annihilation de certains stocks à très court terme (1-2 ans).
Des conditions sanitaires douteuses
Transbordements à répétitions, problème liés à la chaîne du froid, conditions de stockage, personne ne peut garantir que le poisson illégalement pêché satisfasse aux normes sanitaires en vigueur.
Quelles solutions à ces problèmes?
Diverses orientations sont envisagées: l'harmonisation des procédures de contrôle et la mise en place de sanctions réelles par les Etats (seul 2 ont une législation appropriée, aucun n'en a fait usage). Prise en compte de la totalité de la chaîne, du pêcheur au transformateur ; Mise en place de liste noires pour les bateaux ou mieux pour les armateurs (impossible avec la législation actuelle, qui ne relie pas les bateaux à leurs propriétaires)...
Déroulement de la procédure législative et calendrier...
Le rapport a été voté le 15 Février 2007, le texte du rapport en français est disponible (format .pdf acrobat, 232 Kb).
Procédure et calendrier suivi se trouvent ici sur une page spécifique.
Pour aller plus loin
Le plan d'action de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) visant à prévenir et contrecarrer la pêche illicite.
Greenpeace France, qui relaie la campagne internationale "Océans" de Greenpeace.
WWF Océans et Côtes
CCAMLR, l'organisation qui essaie de gérer la peche dans l'ocean antarctique, où la peche IUU est très pratiquée.


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