Site officiel de Marie Hélène Aubert, députée Européenne.
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Les Verts - Alliance Libre Européenne au Parlement Européen

Le poisson débarqué à Las Palmas était-il illégal?

   
 

Espagne, Iles Canaries, Las Palmas. Nous sommes sur place à l'occasion de la retraite annuelle des Députés Européens Verts. Accompagnés de Michael Earle, collaborateurs des Verts sur la pêche et de Mamayawa Sandouno, inspectrice des pêches en Guinée et invitée des Verts, nous sortons tôt un matin avant les conférences pour aller rencontrer l'inspecteur des pêches du port de Las Palmas, notoirement connu comme point d'entrée dans l'Union Européenne de poisson illégalement pêché.

4 noms pour un seul bateau ?

Arrivés au port, nul besoin d'aller trop loin, un navire est à quai, son nom peint en blanc sur la coque - Lian Run. Mais juste sous ce nom figurent les restes de l'ancien - le Sierra Grana... Michael confirme qu'une série de navire nommés Lian Run 1, Lian Run 2, etc. sont connus en Afrique de l'Ouest pour être des "pirates" : des navires pratiquant la pêche illégale, non règlementée et non répertoriée.

Mais ici le numéro manque après le nom, et nous demandons aux inspecteurs du port de quel navire il s'agit réellement. Après de nombreuses hésitations, on nous répond qu'il s'agit du Lian Run 21, mais par acquis de conscience nous relevons le numéro unique attribué au bateau par l'IMO, l'International Maritime Organisation.

Numéro IMO du Lian Run

De retour au Parlement Michael fait quelques recherches sur le numéro pour découvrir qu'il correspond à un navire appartenant à une compagnie espagnole Tredagar SA basée à Vigo et répondant au nom de Timanfaya... Son 4ème nom !

Ca vous parait confus ? C'est le but : rendre la source du poisson la plus confuse possible est le meilleur moyen de "blanchir" le poisson illégal sur le marché européen.

 

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Absence de règles pour le navire et d'origine pour le poisson.

Sans surprise, le navire bat pavillon Panaméen, pavillon de complaisance notoire, et n'est ainsi pas forcé de respecter les diverses règles internationales sur la sécurité, la gestion des stocks, les conditions de travail...

MH Aubert et M. Sandouno devant le Lian Run

De plus le navire est un frigorifique. Son rôle est de récupérer et ramener au port la pêche d'autres navires qui peuvent ainsi rester plusieurs mois, voire même des années sans revenir au port. Sur le quai on débarque des caisses de poisson, chacune étiquetée Lian Run 18, Lian Run 13, etc... Mais sur la moitié des caisses le numéro du bateau pêcheur est illisible. Finalement le formulaire nous informe que la pêche provient de 15 bateaux, dont 12 "Lian Run"(Lian Run 13, 14... à Lian Run 24).

Le formulaire mentionne aussi que le poisson a été pêché en Guinée. Coïncidence, nous avons justement Mamayawa avec nous, inspectrice en Guinée. Mais elle ne connait pas ce bateau, qui devrait pourtant être répertorié...

Ce poisson était-il pêché illégalement ?

A notre avis oui, au moins en partie, mais difficile de le prouver. D'autres indices apparaissent au fur et à mesure de nos investigations qui corroborent cette hypothèse.

 

Marie-Hélène Aubert s'est par ailleurs chargée d'un rapport pour le Parlement Européen sur la question de la pêche illicite et continuera à suivre ce dossier en général et ce cas-ci en particulier ! (voir aussi la page explicative sur les conséquences de la pêche illégale sur ce site).

Et merci à Michael Earle pour ce rapport détaillé !

Question Parlementaire sur la perche du nil

 

 

 

 

 

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