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Même si l'Union européenne et l'ONU sont appelés aujourd'hui à la rescousse, il reste que la France se trouve une fois de plus activement impliquée au Tchad dans le soutien au régime d'Idriss Déby, dictateur brutal maintenu au pouvoir malgré une succession d'élections frauduleuses. Celui-ci profite maintenant de la situation d'extrême confusion créée par les attaques des rebelles pour éliminer ses opposants démocrates, qu'il a fait arrêter ces derniers jours. Les militants des droits de l'homme sont poursuivis et harcelés, et la population civile est encore une fois la victime la plus grave des récents événements.
En France, on ne parle que du sort des ressortissants français et de celui des condamnés de l'Arche de Zoé, qu'Idriss Déby, dans un élan de "générosité", serait prêt à grâcier. Rien ou pas grand chose sur le sort des Tchadiens et des personnalités qui avec courage tentent depuis des années de faire évoluer pacifiquement, par le dialogue politique et la mobilisation de la société civile, ce régime dictatorial qui comme hélas d'autres régimes voisins, n'a eu de cesse d'utiliser la rente pétrolière pour s'armer et éliminer toute opposition, au détriment des politiques de développement au service des populations locales. Nous ne pouvons nous taire et nous résigner devant de telles violations des droits de l'homme et de tels dénis de justice.

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Le parlementaire Tchadien Ngarlejy Yorongar
L'Union européenne peut jouer un rôle déterminant à présent, en refusant le déploiement de l'EUFOR tant qu'Idriss Déby n'a pas fait les gestes nécessaires à l'égard des démocrates de son pays.
Et si la France se contentait en la matière de la grâce accordée aux membres de l'Arche de Zoé, abondamment médiatisée, c'en serait fini de tous nos espoirs de tourner la page bien sombre de la Françafrique. Bernard Kouchner, qui s'est tant impliqué dans la mise en place de l'EUFOR, ne peut fermer les yeux sur les exactions commises par Idriss Déby.
Comment les Européens pourraient-ils prétendre à la protection des populations dans un pays dont ils laisseraient le président emprisonner et torturer à sa guise ?
Tribune co-signée de Marie-Hélène Aubert et de Pierre Brana (maire d'Eysines, ancien député PS) tout deux co-rapporteur d'une mission d'information menée en 1999 sur l'oléoduc Tchad-Cameroun.
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