Site officiel de Marie Hélène Aubert, députée Européenne.
La navigation de ce site nécessite le dernier plug-in Flash
ainsi que l'activation du Javascript dans les options de votre navigateur.
Les Verts - Alliance Libre Européenne au Parlement Européen

Interventions sur le Développement

Vous trouverez ici toutes les interventions verbales faites par Marie-hélène Aubert sur des sujets concernant le Développement Nord-Sud du lors des séances plénière à Strasbourg devant l'ensemble des députés. Ces interventions concernent parfois un rapport écrit par Marie-Hélène, parfois un rapport d'un autre député européen, ou un débat sur un sujet d'actualité précis. Les interventions en commission parlementaire Développement, trop nombreuses, ne sont pas répertoriées.

Toutes les interventions de Marie-Hélène AUBERT sont disponible sur le site du Parlement Européen.

 

SIDA - 30 Novembre 2006

Marie-Hélène Aubert, au nom du groupe Verts/ALE Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, vous avez rappelé, à juste titre, que malheureusement, en dépit des progrès, encore minimes, réalisés en matière d'accès aux traitements, la maladie ne recule pas, au contraire: dans nos pays notamment, l'épidémie a plutôt repris. Alors, nous nous réjouissons, à ce sujet, du consensus qui se dessine parmi cette Assemblée concernant la nécessité de revoir absolument l'accord TRIPS concernant l'accès aux médicaments puisque les aménagements qui ont été prévus dans le cadre du cycle de Doha, malheureusement, ne permettent pas, aujourd'hui, un réel accès à des médicaments peu coûteux.

Cela dit, le problème du sida n'est pas seulement un problème de financement et d'accès aux médicaments. On peut même dire que l'accent, le projecteur mis sur l'accès aux médicaments a, sans doute, fait passer au second plan la nécessité de promouvoir encore et encore la prévention – prévention qui aujourd'hui diminue également dans nos pays et partout ailleurs. Donc, il faut absolument reprendre ces campagnes de prévention et d'information en faisant appel aux personnels compétents, notamment grâce aux médias, ainsi qu'aux réseaux sociaux et médicaux qui permettent de sensibiliser les populations.

Deuxièmement, pour changer vraiment la situation, il nous faut aussi – vous l'avez rappelé, et c'est sans doute le plus difficile – changer les pratiques culturelles en matière de sexualité, et notamment protéger les femmes et permettre aux femmes de se protéger. Les femmes, aujourd'hui, constituent 50 % des malades, ce qui n'était pas le cas au début de l'épidémie, et elles sont touchées de façon extrêmement brutale et violente par des pratiques et des sévices qui ont lieu en temps de guerre dans les zones de conflits, mais pas seulement: viols, prostitution, trafics de femmes, esclavage sexuel des femmes, autant de fléaux qui contribuent à favoriser l'expansion de l'épidémie. Aussi, la façon dont l'Union européenne promeut les droits des femmes, l'égalité des femmes, constitue également un moyen très efficace de lutter contre l'épidémie et de mettre l'accent sur la transmission de la mère à l'enfant, mode de transmission dont on parle peu à l'heure actuelle.

Il existe des solutions innovantes et je citerai l'exemple du Malawi, où, en se basant sur la décentralisation, de manière à aller au plus près des populations, en faisant aussi jouer un rôle actif aux malades eux-mêmes – ceux qui sont stabilisés –, on aboutit à des résultats extrêmement positifs, même dans des pays pourtant extrêmement démunis. Donc, nous devons aller encore beaucoup plus loin sur tous ces plans.

Haut de page

Situation au Darfour (débat) - 27 Septembre 2006

Marie-Hélène Aubert, au nom du groupe Verts/ALE Monsieur le Président, malheureusement, en ce qui concerne le Darfour, les résolutions, les déclarations se suivent depuis maintenant plusieurs années, en vain, semble-t-il.

Comme cela a été rappelé, les exactions continuent, les violences redoublent et les femmes et les enfants sont les premières victimes de ces crimes et de ces atrocités. Cette situation est totalement intolérable. Face à cela, le sentiment d'impuissance ou de fatalisme semble se développer, mais nous avons le devoir de nous mobiliser maintenant de façon à obtenir des progrès réels sur le terrain. En fait, plus le temps passe, plus le gouvernement de Khartoum se croit dans l'impunité et se dit que, finalement, en faisant le gros dos, en gagnant du temps, il arrivera à ses fins.

Alors, si l'on veut agir, trois priorités semblent s'imposer. D'abord, l'urgence des urgences est l'accès aux réfugiés car, effectivement, en ce moment même, des milliers de personnes souffrent de la faim, de la violence, et personne ne peut avoir accès à ces populations: c'est cette situation qu'il faut débloquer d'urgence.

Ensuite, la lutte contre l'impunité. Il est intolérable que, malgré les déclarations, les velléités de sanctions, finalement rien n'ait été fait. Les criminels et ceux qui s'enrichissent considérablement continuent à œuvrer comme si de rien n'était et peu de choses ont été mises en œuvre à cet égard.

Enfin, bien sûr, la mise en place, le plus rapidement possible, d'une force des Nations unies qui puisse venir renforcer celle de l'Union africaine, qui joue malgré tout un rôle important qu'il faut consolider.

Alors, certes, nous voilà maintenant amenés à demander à la Chine, à la Russie, de jouer un rôle positif dans cette affaire, alors que chacun sait que la Chine et la Russie ne sont peut-être pas des exemples de l'idéal à atteindre en matière de respect des droits de l'homme ou des populations qui sont concernées par de tels conflits. En outre, il faut, dans le même temps, appeler au dialogue général, comme l'a rappelé l'oratrice précédente.

Enfin, trois mots sur le rôle que joue le pétrole dans cette affaire. Ne nous voilons pas la face. Nous savons bien que la ressource pétrolière avive les conflits, suscite les convoitises, permet d'acheter des armes et entraîne aussi le blocage, notamment de la Chine, qui a là des intérêts très importants, et de tous ceux, et des grandes puissances en particulier, qui cherchent à présent de façon de plus en plus fébrile des ressources pétrolières auxquelles ils puissent avoir accès facilement.

Il nous faudra donc intégrer cette problématique de l'accès à la ressource pétrolière dans un cadre beaucoup plus large, européen et international.

Haut de page

Contrefaçon de médicaments (débat) - 5 Septembre 2006

Marie-Hélène Aubert, au nom du groupe Verts/ALE Monsieur le Commissaire, effectivement, la contrefaçon de médicaments est un fléau particulièrement grave mais qui, hélas, n'est pas nouveau et qui est même connu depuis plusieurs années. On peut par conséquent souhaiter que la question opportune de notre collègue aboutisse enfin à quelques résultats.

Cela dit, le premier motif à la base de la contrefaçon de médicaments est le prix beaucoup trop élevé de ces médicaments pour les pays pauvres et leurs populations. La première des pistes consisterait par conséquent à faire en sorte que les pays pauvres, les populations les plus démunies puissent avoir accès à des médicaments génériques, ma collègue en a parlé. Les génériques occupent encore aujourd'hui une place trop faible sur le marché du médicament.

Par ailleurs, je ne voudrais pas non plus que la lutte contre la contrefaçon consiste à renforcer la protection des brevets dans le domaine pharmaceutique et, par là même, à protéger l'évolution future des profits déjà considérables que réalise l'industrie pharmaceutique dans bon nombre de secteurs.

La priorité est par conséquent d'encourager le développement de politiques publiques de santé dans les pays concernés comme, d'ailleurs, d'y encourager l'instauration d'un État de droit. C'est en effet bien là la priorité; rien n'est possible sans l'instauration d'États viables et de politiques publiques de santé permettant, notamment, de contrôler les médicaments et d'instaurer de créer des agences du médicament, des pharmacies, selon des règles bien déterminées.

Cette question d'une politique publique en matière de santé est un élément fondamental, l'autre élément étant la prévention. En effet, la santé ne se limite pas seulement à une question de médicaments. Autrement dit, le fait d'absorber des médicaments n'est pas le seul moyen d'être en bonne santé. Par exemple, aujourd'hui, dans nombre de pays en voie de développement, l'eau impropre à la consommation tue. Autre exemple, le sida: la contrefaçon est très développée dans ce domaine et la conférence Onusida qui s'est tenue récemment a beaucoup insisté sur la prévention. C'est donc également grâce à des politiques de prévention, d'information, d'éducation, en s'appuyant sur les savoir–faire des communautés locales qu'on peut tenter de résoudre le problème, et pas seulement en mettant sur le marché des dizaines de substances à des prix prohibitifs.

Pour conclure, je crois qu'il faut commencer par renforcer les mesures existantes en matière de lutte contre la contrefaçon et par mieux les coordonner. Il faut ensuite et surtout aider les pays en voie de développement, les pays les plus pauvres, à mettre en place des États viables et des politiques publiques de santé qui couvrent l'ensemble des problèmes de santé et pas seulement celui de l'accès aux médicaments.

Haut de page

Situation au Congo - 4 Septembre 2006

Marie-Hélène Aubert, au nom du groupe des Verts/ALE Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, en effet l'Union européenne s'est engagée financièrement et politiquement, avec beaucoup de détermination, dans le processus électoral en République démocratique du Congo et nous ne pouvons que nous en réjouir. Il en est de même de la volonté exprimée par les Congolais de pouvoir enfin choisir eux-mêmes leurs dirigeants et du soutien européen en la matière, à condition que ce soutien soit perçu comme étant d'une totale neutralité, ce qui a posé des problèmes ces derniers temps.

Cela dit, la situation reste très tendue, et s'il est clair que ces élections apparaissent comme une nécessité ou une urgence, après tant d'années de guerres, de chaos et de victimes, elles ne suffiront pas à redresser un pays qui connaît toujours de graves problèmes, à commencer par une extrême pauvreté et une grande violence qui minent régulièrement les efforts d'instauration de l'État de droit.

Contrôler le trafic et le commerce des armes, constituer une police et une justice efficaces, poursuivre les plus grands criminels devant le Tribunal pénal international sont les conditions pour consolider la paix. Cette situation d'impunité retentit aussi gravement sur des questions de santé. Outre la pénurie de personnel de santé sur laquelle le docteur Mukwege, qui exerce dans l'Est du Congo, avait attiré notre attention à Bruxelles, en mai dernier, ce sont aussi les viols massifs et les traitements inhumains infligés aux femmes qu'il faut combattre sans relâche en s'appuyant également sur les capacités des communautés locales à s'organiser, à ramener les conditions d'une vie quotidienne acceptable, à dénoncer et à sanctionner les violences.

Les nouveaux dirigeants élus de la RDC seront-ils en mesure de mettre un terme à cette violence? Il est légitime de s'inquiéter, compte tenu notamment des troubles qui ont suivi l'annonce des résultats de la présidentielle qui, pourtant, laissent encore une chance à chacun des deux candidats arrivés en tête des élections. En cas de troubles graves, quel serait alors le mandat exact de l'EUFOR?

Enfin, les richesses minières et forestières de la RDC font aujourd'hui l'objet d'une exploitation éhontée où la corruption se mêle le plus souvent à un impact social et environnemental désastreux. Or, les réponses qui seront données, non seulement par les instances congolaises élues, mais aussi par les partenaires politiques et économiques de l'Union européenne en matière de transparence, d'utilisation des rentes, de conditions sociales et écologiques de l'exploitation seront essentielles pour déterminer la capacité ou non de la RDC à agir en faveur du développement durable. Qu'envisagez-vous, Monsieur le Commissaire, dans ce domaine?

Si l'on tient compte des événements qui se sont déroulés en RDC, mettre en place une transition démocratique et pacifique constituerait un signe fort d'espoir pour les milliers d'Africains qui fuient aujourd'hui leur pays pour se ruer sur les rivages européens en pensant échapper ainsi au chaos et assurer leur survie. Dans tous les cas, tout doit être mis en œuvre pour donner leur chance à la République démocratique du Congo et aux millions de Congolais qui ont tant souffert et qui ont réagi avec autant d'énergie et de vigueur.

Haut de page

 

 


  Plan du site | Réalisation: C3 | Mentions légales